Fragments

Noir monochome

Depression

le 19/04/2008 à 13h05



Dépression

 



Le matin se lève

Moi j’aimerais qu’il crève.

Le temps est un fardeau

Pour qui pense ses bobos

Tout au long du jour

Qui n’est jamais assez court.

Quand vient le soir enfin

On imagine un superbe lendemain.

On voit les choses à faire,

On pourrait même refaire la terre.

L’enthousiasme en tête,

On s’endort. Plus rien n’inquiète.

Puis l’aurore se pointe à nouveau,

Je redevient son bourreau.

Tous les projets se sont effrités,

Durant l’inconscience forcée.

Même la poésie s’efface

Et la banalité la remplace.

A tout ça la science a donné un joli nom :

Elle l’appelle tout simplement dépression.

Pourtant ce n’est pas en le nommant

Qu’on chasse ce terrible tourment.




Arwen Gernak

Noir monochrome

19-04-08


Au jardin d'hiver

le 05/03/2008 à 10h05
 

Au  jardin d’hiver

 

 

Ici, de givre sont les jaunes et bleus crocus,

De neige blanche sont parées les allées

Qui geignent sous des pas esseulés.

Au jardin d'hiver muse une poupée russe.

 

Elle traîne ses chagrins au long du jour,

Le cœur désabusé, les yeux insondables.

Chaque heure nouvelle et interminable,

Affaisse un peu plus son être déjà si lourd.

 

Nul ne sait pourquoi une poupée charmante

Se morfond dans un monde d’affres et d’ombre

Où la tristesse plus que la joie ne se dénombre.

Serait-elle confinée dans l’enfance indolente ?

 

Lentement le givre abandonne les crocus.

Si le jour blesse les anciennes braises de ses yeux

Est-ce de ne plus savoir boire le ciel bleu ?

Au jardin d’hiver pleure une poupée russe.



a.g.

Je te cherche

le 02/10/2007 à 19h02
JE TE CHERCHE


Je te cherche à chaque coin de mot,
Et même au-delà, sur le fil de la toile,
Dans les rires des enfants, sur un tableau,
A chaque syllabes qui te dévoilent.

Si c´est un thé qui nous rapproche
Il y a des rances à défaut de ronces
Qui nous ballotent comme cailloux en poches
Mais jamais vois-tu je ne renonce.

Je te cherche dans les jeux solitaires,
Quand la nuit nous détrempe de solitude
Quand la lune blafarde nous éclaire,
Et que seule reste le vide de l´infinitude.

Si tu n´apparais jamais dans ce néant,
L´étoile du Nord, dans son éclat si froid,
Malgré nous, nous rassemble pourtant.
L´amour a d´étranges visages parfois.



Dans tes yeux miroirs, grand-mère…

 



Dans tes yeux-miroirs les nuages déjà

Portent les premiers signes de la nuit ;

Les trains de l’autre côté de la vitre,

Avec leur traînée d’argent et de feu

Sont comme des étoiles filantes.

Ah ! Pouvoir encore un peu,

Accrocher des rayons d’autres jours ;

Tout n’a pas été dit.

Il suffirait d'un presque rien,

Juste un peu de temps…

Le temps qui n’est rien qu’illusion.

L’obscurité  connaît son triomphe

Sur nos prières, misérables autels d’égoïsme.

Déjà le jour n’est plus qu’un souvenir. 



Dans tes yeux-miroirs, encore ajouter

Quelques rires et quelques fleurs

Pour un tableau du bonheur

Qui s’estompe soudain.

Au fond des tes prunelles argentines,

Ton regard, d’hier, porte nos amours

Plus loin que l’horizon menteur.

Un sourire mystérieux naît tout à coup,

ne s’abusant pas de nos espoirs superflus.

Toi, tu sais déjà la paix qui t’attend.

Déjà le jour n’est plus que souvenir.


Dans tes yeux-miroirs, des anges blancs

Effacent les souffrances de la chair.

Ah ! Pourquoi les fermes-tu déjà ?

Pourquoi ne nous alloues-tu pas

De contempler encore le ciel de nos vies

Pour y déposer des fleurs de printemps !

La nuit  pressée tout à coup,

Comme un cheval au galop,

Avançant en aveugle, pour nous tombe trop tôt .

Déjà notre jour n’est que souvenir ….



Dans tes tendres yeux-miroirs !

 


Arwen Gernak

Le passage obligé

16-04-07




Quand on bat le fer et tandis que celui-ci refroidit, il durcit.


Il en va de même, quelques fois, pour les êtres humains.

A ce stade, il n'est plus malléable. Il n'est plus de compromis possible entre le forgeron et le fer sauf si on le rougit à nouveau...

Finirait-il par se briser?

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