Fragments

Mes aïeux, la vie fout le camp.

le 05/06/2008 à 13h24

Depression

le 19/04/2008 à 13h05



Dépression

 



Le matin se lève

Moi j’aimerais qu’il crève.

Le temps est un fardeau

Pour qui pense ses bobos

Tout au long du jour

Qui n’est jamais assez court.

Quand vient le soir enfin

On imagine un superbe lendemain.

On voit les choses à faire,

On pourrait même refaire la terre.

L’enthousiasme en tête,

On s’endort. Plus rien n’inquiète.

Puis l’aurore se pointe à nouveau,

Je redevient son bourreau.

Tous les projets se sont effrités,

Durant l’inconscience forcée.

Même la poésie s’efface

Et la banalité la remplace.

A tout ça la science a donné un joli nom :

Elle l’appelle tout simplement dépression.

Pourtant ce n’est pas en le nommant

Qu’on chasse ce terrible tourment.




Arwen Gernak

Noir monochrome

19-04-08


L'autre

le 15/03/2008 à 11h49
L'autre.

Nous ne sommes rien,
Ni vous, ni moi,
Rien que d'éphémères instants
Dans l'énigmatique éternité.
Rien que des poussières incarnées
Qui ne laisseront point de traces.
Nous ne sommes rien,
Des milliers de rien qui font
L'entièreté de l'humanité.
Mais dans tes yeux,
Il y a tout.
Il y a l'immensité de l'amour,
L'infinie douceur des soleils mourants.
Dans tes yeux où le ciel se mire,
Passent les oiseaux les plus gracieux.
Comme des lagons enfermés
Entre des forêts noires papillotantes,
Tes iris nous appellent.
T
u es tout ce qu'il suffit
Pour qu'un instant éphémère frétille.
Sans toi, nous ne sommes rien,
Rien que des fragments infimes,
De minuscules grains perdus,
Quelque part dans l'infini du gris
.
Nous ne sommes rien que pluie en suspension,
Le temps que tu es là.
Dès que tu disparaîs le soleil nous évapore,
Nous pulvérise dans le néant.
Toi, l'autre qui nous est destiné,
Toi, de chacun la moitié,
Toi tu es tout….
Nous, nous ne sommes rien.

Arwen Gernak

un peu de pub sans rancoeur

le 14/03/2008 à 08h34

 


 


 


 Un ami commun nous incite à lire de jeunes poètes . Toujours de l'idée qu'il ne faut jamais tuer les bonnes initiatives dans l'oeuf, je vous propose d'aller voir du côté des 'Poèmes du net'. Un jour je les ai cotoyés....y avait du talent! Alors n'attendez pas, allez-y de ce pas.


 Je leur souhaite beaucoup de succès.

 

La surface ridée de la rivière reflète l’image brisée du paysage de la berge. Tout se plisse sous l’assaut d’un vent vindicatif. Que lui a donc fait la terre ? Le long serpent verdâtre reprend toujours son droit. C’est comme s’il connaissait la loi du Talion. J’ai grandi avec lui, gambadant dans les ciguës et les folles avoines. J’aimais cueillir les bluets et les coquelicots auxquels je mêlais de la blanche camomille. C’étaient mes bouquets à moi, ceux que j’offrais à ma mère avec fierté. Loin est ce temps du bonheur simple. Loin le temps où nous n’avions pas le droit de rester levés au-delà de vingt et une heure. A l’époque, je pensais les haïr de ne pas me m’autoriser d’avantage de liberté. Aujourd’hui, je sais qu’ils ont bien fait. Un enfant s’éduque avec des règles strictes, constantes et cohérentes. On bâtit bien plus un homme avec des ‘non’ qu’avec des ‘oui’ complaisants et opportunistes.

« Chaque chose en son temps » dit-on. Le jour pour apprendre et découvrir et la nuit pour dormir, reprendre des forces pour se remplir toujours plus d’expériences.

 

Il m’arrive encore comme alors, l’été, de me coucher parmi les herbes hautes et d’inventer des mondes fantastiques. Les coquelicots ne sont plus aussi prolifiques et paraissent plus des taches de sang que mes roses d’adolescente. Le ciel, lui, m’offre toujours des nuages à décrypter. Combien de caravelles n’ai-je vu ! Combien d’étranges créatures ne sont surgies parmi l’azur. J’ai l’impression que mon imagination est plus forte encore que tous les écrivains du monde. Elle n’a pas de limites, pas d’interdits, pas de ……..conscience ?

 

Etrange d’écrire cela. Tout est permis dans les rêves y compris les risques exagérés et le prix à payer. Malgré tout, cela n’égale en rien l’horreur de la réalité à l’Orient : Kaboul, Bagdad, Beyrouth…….

A croire que l’homme se complait à être malheureux. Le bonheur, à la longue, c’est barbant, fade, pauvre. Il faut pouvoir souffrir pour se plaindre, geindre, s’apitoyer et relater interminablement le temps où tout allait bien.

L’homme ne pouvait pas rester au paradis. L’ennui lui aurait été mortel !

Quel plaisir à commettre un interdit s’il ne l’est pas ? Quelle excitation à outrepasser les lois simples de la vie ?

 

Prenons l’exemple du vol d’un Bic dans une grande surface. On a les sous en poche pour le payer ; on en a même pas besoin mais braver le danger donne des décharges d’adrénaline incroyablement fortes. L’intéressant se situe précisément dans l’inutilité de l’objet volé.

Celui qui vole un pain parce qu’il a faim ne vole pas vraiment. Il a une raison vitale de commettre ce méfait. Mais l’ado, lui, il cherche à contrer les limites ou peut-être les appelle-t-il volontairement afin qu’on remarque qu’il existe au-delà de tous les biens matériels que les parents lui offrent.

 

              Me voilà très loin des berges de ma rivière….Envie d’été, de soleil et d’oxygène. Envie de retrouver le goût de vivre…..Envie, envie, envie….

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